Estudiantina est le
nom générique donné à tout
ensemble de mandolines. Ce terme fait référence
aux "estudiantins",
nom donné aux étudiants qui composaient
l'effectif de ces orchestres. On peut
également trouver l'appellation "orchestres à
plectre" ou
"cercles de mandolines".
Lun des premiers OAP était italien, dirigé par M.
Bertucci, il
était présent à l'exposition
internationale de Paris de 1878. Cependant, cet ensemble ne semble pas
avoir
poursuivi ses activités. Le premier ensemble
véritablement actif est en
fait le circolo
de Perugia qui apparaît dans la ville de
Perugia, en 1879. De 1878 à 1892, l'Italie
semble en effet être le lieu privilégié
où
émergent les "circoli
mandolinisti".
Paralèllement au développement des facteurs
d'instrument,
les cercles de mandoline ont connu un essor important en
Italie
avaant de gagner l'europe occidentale (successivement en
Angleterre, Belgique, Allemagne, Espagne puis en France). De nos jours,
la mandoline est présente dans tous les pays d'Europe. Dans
ces ensembles, les mandolines sont regroupées
en deux pupitres : les premières mandolines et les secondes
mandolines. Cette
disposition instrumentale est similaire au quatuor à cordes,
qui sépare les
premiers violons des seconds. De même,
les orchestres regroupent d'autres
instruments à cordes, comme la mandole, la guitare,
le mandoloncelle,
le mandolone,
le mandolobasse,
la contrebasse,
qui viennent compléter l'ensemble. En
raison de l'origine sociale des musiciens et de
la disposition de ces derniers au sein de l'orchestre, ces Estudiantinas sont
alors appelés, par certains musicologues et
professionnels de la mandoline comme M. Konrad Wölki, les "orchestres
symphoniques du pauvre". Le répertoire
diversifié de ses OAP en Europe Ces
orchstres interprètent fréquement des chansons
populaires napolitaines adaptés aux ensembles avant de
s'orienter vers un répertoire spécifique
à la
mandoline et aux transcriptions d'oeuvres symphoniques et
violonistiques. Fréquemment, des chorales et des instruments
à vent d'harmonie s'unissent à ces OAP.
Jusqu'au début du XX° siècle, les
orchestres
européens vont subir une influence considérable
du
répertoire à plectre italien.
Puis en Allemagne, un
nouveau répertoire se distingue avec la
redécouverte des
techniques de jeu pour mandoline de l'Italie du XVIII°
siècle. Ce nouveau répertoire va influencer toute
l'Europe à la recherche de nouvelles possibilités
de
timbre pour la mandoline.
Les
premiers OAP en France
Les premiers orchestres français apparaissent à
la fin du
XIX° siècle. Les orchestres italiens vont en effet
se
multiplier en Europe dès 1870. Ils vont se
développer
pour donner naissance à des orchestres similaires dans le
Sud de
la France à la fin des années 1880. L’orchestre
à plectre de Toulouse semble être
actuellement l'un des
plus anciens de France puisque sa date de création remonte
à 1886.
Les premiers orchestres français de la fin des
années
1880 vont très vite se multiplier dans le sud de la France,
puis
vont progressivement se développer dans le reste de
l'hexagone.
Entre 1905 et 1914, la France dénombre cent-vingt orchestres
de
mandolines. Malgré des disparités
géographiques
persistantes, les années 1900 à 1920 demeurent
"l'âge d'or" de la mandoline en France. En effet, dans
l'hexagone, il semble que l'on dénombrait des milliers de
mandolinistes et jusqu'à vingt professeurs de mandoline dans
les
grandes villes françaises. C'est certainement au cours de
ces
années que le nombre d'orchestres à plectre en
France est
arrivé à son paroxysme.
En 1990, la France comptait mille trois cents musiciens
intégrés dans quatre-vingt-trois orchestres
gérés associativement.
Selon la Confédération Musicale de France, le
nombre
d'orchestre à plectre en France est actuellement
inférieur à 50 ensembles.